Dimanche 16 mai 2010 ; Mirebeau.

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Le premier des déséquilibres est celui de notre représentation du monde, à la déraison de la divinité laïque qui a conquis les esprits depuis deux ou trois siècles, le Progrès.

 

Le culte du Progrès éternel est devenu le seul horizon de l'Humanité, dont le millénarisme américain, ou l'accomplissement communiste, l'utopie tiers-mondiste et finalement le rêve européen firent une sorte de parousie matérialiste, l'avènement de l'Eden sur la terre. Pour tous, il devint certain que demain serait perpétuellement meilleur qu'hier, après-demain meilleur que demain, etc ... Culture de l'anticipation perpétuelle, le progressisme eut d'innombrables traductions politiques (par exemple le thème de la nouvelle frontière, devenu internationalisme communiste ou dogme européiste du "sans frontière"), mais aussi une traduction financière, la fabrication illimitée de monnaie, en fait de fausses monnaies qui devinrent autant de traites tirées sur l'avenir, nécessairement radieux. Ce n'est pas seulement la faillite de l'Europe qui s'aperçoit, et celle de la financiarisation tous azimuts de la société, et de la politique même, qu'elle a absorbée; c'est aussi celle du progressisme, ce qui, après trois siècles de lente conquête des esprits, sera une fameuse paire de manche…

Publié dans Extraits du journal

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