Dimanche 13 décembre ;

Publié le par Paul-Marie Coûteaux

Ce matin, premier gel ; avons passé une bonne partie de la journée à couper les robinets du jardin, puis à rentrer dans la petite maison plantes et les pots, ainsi que la bucherie avec les branchages et les tronçons des arbres abattus la semaine dernière ; avons aussi mis l’olivier en terre : il a désormais assez de racines pour qu’en ses profondeurs la terre le réchauffe.

Toujours avisé, l’excellent NS m’envoie un clip (voir ci-contre) du groupe allemand Rammstein, qui me paraît illustrer férocement ce que je tente de dire ici, relativement à l’identité –illustrant aussi, en passant, une certaine connivence des jeunesses allemande et française, peut-être prometteuse. Les membres de ce groupe ont tous grandi en DDR et ont été plusieurs fois mis en prison pour menées subversives en organisant des concerts clandestins. C'est parce que le groupe a vécu sous domination soviétique qu'il débute sa chanson Amerika en scandant ce nom à la façon des hymnes soviétiques. Pour eux ils sont passés d'un empire à un autre. De surcroît, il tient à chanter exclusivement en allemand, malgré les pressions des producteurs, sauf dans cette chanson afin de dénoncer la domination linguistique du sabir américanoïde ;  c'est pourquoi il chante : " This is not a love song / I don't sing my mother tongue » : ce n’est pas une chanson d’amour, je ne chante pas ma langue maternelle… On ne saurait mieux dire !



Rammstein Amerika


A propos du débat sur l’identité nationale en France : ces jours-ci, il prend un tour ridicule ; le voici tout rabougri à la question musulmane par le Président de la République lui-même qui, en un grand article publié l’autre jour par le Monde, l’oriente délibérément en  ce sens, prônant le « métissage », tartufferie à la mode dont Platon eût sans doute pensé grand mal ; l’article finalement révèle la manœuvre électorale, récupérer l’électorat du FN, supposément raciste. Du coup, plus rien ni personne n’évoque le cœur du sujet, où l’on verrait que ce qu’il nomme l’identité française n’est pas tant menacée par « l’islamisme » que par le matérialisme consumériste :
- Pour le volet culturel, l’identité c’est d’abord la langue et notamment l’imaginaire, menacé par ce que Malraux « appelle dans les Chênes », la « civilisation atlantique » -notation qui me remet en mémoire « L’aliénation culturelle » d’Henri Gobard, et son terrible jugement sur de Gaulle, qui « se faisait  une certaine idée de la France pendant que les Français se faisaient une certaine idée de l’Amérique »…
-  Pour le volet politique, l’identité, c’est d’abord le projet français, qui est un « vouloir agir  ensemble », autrement dit une souveraineté, sans quoi il n’y a plus, il n’y aurait jamais eu de France. Or, ces fondements sont eux aussi menacés par l’euro-atlantisme ; ce ne sont pas les musulmans qui ont vidé les églises depuis quarante ans ; ce n’est pas l’islamisme qui a conduit à l’abandon du dimanche chrétien…
Orienter sur ce point la causerie que je dois faire devant les jeunes d’Institut de Formation la semaine prochaine à Paris, non sans risquer de désorienter sans doute cet auditoire très chrétien -comme je crains l’avoir fait l’autre jour devant les désormais vieux amis du MPF de la Vienne… le renouveau de la foi devrait pourtant pouvoir s’appuyer, plus surement que sur le refus d’un Islam, certes plus voyant et provocateur, sur le refus du consumérisme marchand, car c’est bien lui qui a saccagé les âmes…

Publié dans Extraits du journal

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